__Comme tes mots sont durs. Tu n'-imagines pas à quel point ils me font mal, me rentrent dans la chair, me griffent, me saignent jusqu'aux os. Je sais bien que c'est de ma faute. J'ai comme l'impression que ça me plaît, que j'aime faire du mal. Que je suis bizarre, un peu tordue, un peu folle ? Sans doute. Je n'arrive pas à penser autrement, à me dire, à me persuader que c'est mal. Enfin si, je le sais, je le sais que c'est mal, que je suis méchante, mais je n'arrive pas à changer. Je suis trop complexe et ambigüe, je ne me comprend pas moi-même. Alors je continue, je continue de t'ignorer, ou presque, de prendre des distances, ou de faire tout comme, d'être froide, en apparence. Mais le pire, c'est que ça doit être à moi que ça fait le plus mal, qui souffre le plus dans tout ça. Un mélange de tristesse, de nostalgie et de regret, mêlé au sadisme de mes gestes, de mes actes. Tout ça me fait mal, oh oui, même si je paraît en avoir rien à foutre. J'ai peur de te perdre, que tu m'abandonnes, exaspérée par ma bêtise et ma bizarrerie. Que tu me détestes, ennuyée par mes sautes d'humeur, que je t'indiffère, à cause de mes caprices. Ce serait le pire je crois. Savoir que tu es là, mais que tu ne penses plus à moi, que tu m'oublies peu à peu, au fur et à mesure que le temps passe et que mes regrets grandissent, ne plus recevoir de tes messages ni de tes appels, que tu ne me racontes plus tes semaines, que tu ne me dises plus que tu as vu J. torse-nu ou que tu fais ta rebelle avec K., ne plus jamais pouvoir aller chez toi, dans ta grande et belle maison du Sud, ne plus jamais aller aux Halles avec toi et se perdre car on ne sait pas lire un plan, ne plus demander trente-six mille fois aux gens « vous savez c'est où la Rue Sainte-Croix de la Bretonnière? » alors qu'on y a été il y'a deux mois. Ce serait tellement dur de ne plus me dire que tu es là, que j'ai quelqu'un, qu'il y'a au moins une personne qui sera toujours là pour m'écouter pleurer au téléphone à cause d'une peine de c½ur ou bien pour m'entendre raconter ma vie non passionnante. Mais tout ça c'est de ma faute, je gâche encore tout, une nouvelle fois je m'éloigne d'une des personnes que j'aime le plus, encore une fois je merde. Je crois qu'il faut que j'arrête d'y penser,que je laisse les choses venir comme elles veulent,de laisser le Destin s'occuper de tout ça. De toute façon, ça fait toujours du mal de penser.
